Charlotte Hoffmann

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tête de Zoé

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Charlotte HOFFMANN, « ChaH »

De formation littéraire (philologies romane et hispanique), j’ai vécu une carrière d’enseignante qui m’a plu – à condition de ne pas m’y laisser enfermer !

J’ai donc participé chaque année à des stages ou à des cours souvent éloignés de ma spécialité (piano et chant classique, céramique, égyptologie, hiéroglyphes, vitrail, ikebana, graphologie, contes, théâtre, fonte du bronze, prise de parole en public, histoire du cinéma, etc….).

Depuis l’enfance, je pratique la photographie : après quelques années de labo noir et blanc, je suis passée à la photo numérique couleur et je découvre sans cesse les possibilités de l’ordinateur dans ce domaine. J’aime recréer ainsi mes propres clichés.

En 2004, j’ai découvert les Ateliers Vogler, dessin du modèle vivant.

L’année suivante, une journée Portes Ouvertes m’a donné l’envie d’oser la sculpture du modèle vivant sur argile : déclic !  J’avais enfin trouvé « mon » moyen d’expression…

Je poursuis donc, maintenant que me voilà pensionnée éternellement en recherche, une découverte heureuse.

La terre impose et obéit si on la traite avec respect.

La terre m’apporte exaltation et apaisement, force et douceur.

A chaque cuisson, c’est le miracle chimique de la pétrification!

Castilla

Surgida

Mouvance

Padecidia

Je vous présente Emré.

Il est né aux Carles, dans la Montagne Noire, en juillet 2010.

Il y eut un bloc de terre brune.

Point d’idée préconçue, sinon la tenace envie de modeler une grande tête, les yeux hypnotisés et la bouche interrogative d’un être à l’écoute du monde.

Le vent et le soleil s’en sont mêlés et chaque matin me révélait de nouvelles cicatrices à colmater.  L’horreur !

Bon, il est venu au monde et il a même partagé mes nuits : me réveiller dans le noir et deviner la forme sous son capuchon de plastique, cela lui a vraiment donné souffle de vie à mes côtés.

Restait à lui trouver un nom.  Cathy, ma sœur en sculpture, m’a parlé d’un conte récolté par Henri Gougaud, Yunus.  Je l’avais lu il y a belle lurette, je l’avais oublié.

Il commence ainsi :

« Emré inventa autrefois des chants plus durables que le souvenir même de sa vie.

Il fut aussi un infatigable chercheur de vérité. »

[A la recherche de cette vérité, Yunus Emré accepte l’épreuve du moine aveugle Taptuk : balayer sept fois par jour la cour du monastère où il a trouvé refuge.

Et cela pendant quinze ans :]

« Parce que son cœur était en paix, il se mit, tout en balayant la cour, à fredonner.

Peu de chose : des paroles qui lui venaient, des chants qui lui montaient aux lèvres et qu’il laissait aller au vent, pour la seule satisfaction d’entendre voix humaine. »

Yunus, à la longue, se lasse du silence de l’aveugle à son égard et il s’enfuit.

Il rencontre des inconnus qui lui confient :

« Le vent, tous les jours, nous apporte du lointain les chants d’un derviche inconnu.  Il nous suffit de les écouter, de les chanter nous-mêmes.

Aussitôt apparaissent devant nous tous ces mets succulents que vous voyez là.

(…)

Et ils se mirent à chanter.

Alors Yunus, bouleversé, les yeux ronds et la bouche ouverte, entendit les chants qu’il avait lui-même fredonnés, en balayant la cour du monastère. »

Moi, j’avais reconnu et authentifié Yunus Emré.

ChaH, Les Carles, juillet 2010, stage des Ateliers Vogler dans le Haut Languedoc.

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